30/12/1928 : Parisienne

La « Parisienne » était un magnifique trois-mâts latin de l’armement Paul Chartier et Cie, de Saint-Pierre et Miquelon. Il était commandé par le capitaine au long cours Jacob. Ce bateau quitta le port de Bordeaux à la fin du mois de novembre 1928, avec un chargement complet de marchandises diverses. La traversée de l’Atlantique s’accomplit assez normalement, compte tenu de la saison.

Le 30 décembre, quelques heures avant l’aube, le capitaine Jacob se trouvait sur les petites sondes à quelques milles dans le sud de l’île de Saint-Pierre. Le temps était clair et le vent soufflait modérément du O.S.W. Juste à la « pointe du jour » la ‘Parisienne’ se trouvait à la hauteur du Cap Noir.

Voulant faire la « nique » aux pilotes, le capitaine Jacob décida de franchir la passe du Sud-Est. Ce en quoi il avait tort, car c’était le moment du jusant et dans cette passe assez étroite, il arrive souvent que le vent « refuse » de deux quarts (530) et le bateau qui se trouve trop engagé ne peut virer de bord, ce qui rend sa position dangereuse.

Au milieu de la passe le capitaine s’aperçut de l’erreur qu’il avait commise. Le vent « refusait » de plus en plus, il mouilla ses deux ancres en catastrophe mais il était trop tard. Quand le bateau fit « tête » sur ses deux chaînes, l’arrière était sur les rochers de la Pointe Leconte à moins de cent mètres où s’échoua le « Paul Simone » le 29 décembre 1921. Le pilote Gervain arriva sur les lieux immédiatement et il évacua le capitaine et l’équipage du bateau échoué, dans son doris.

Dans l’après-midi, une partie de la quille se détacha de la coque, et peu avant la nuit les premières marchandises sortaient du bateau qui avait un fort trou à tribord. Le lendemain de nombreuses caisses sortirent du bateau et certaines s’échouèrent sur la grève, au grand plaisir des habitants.

Le 1er janvier 1930 le vent soufflait grand frais du Nord. Toute la journée le bateau se vida de sa marchandise qui partit en direction du large. Une partie de la cargaison fut sauvée et entreposée à terre sous le contrôle de gardiens. Les grandes quantités de marchandises furent sauvées par les habitants, en particulier des caisses de boissons, rhum, cognacs, liqueurs, champagne, etc.

Certaines personnes prétendent que de nos jours, il existe encore dans quelques familles de l’île de bonnes bouteilles en provenance de ce naufrage. Je me garderai de formuler pareille affirmation, mais croyez-en l’auteur qui est un authentique « Pied-rouge », quand il affirme que pendant de longues annees après ce naufrage, ses compatriotes agrémentèrent la fin de leurs repas avec une bonne bouteille de Grand-Marnier, Cointreau ou autre Fine-Champagne.

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